Lancement en France d’un fonds investi en bitcoins, le premier en europe

Le gestionnaire d’actifs Tobam, basé à Paris, a annoncé le lancement d’un fonds commun de placement investi en bitcoins, le premier du genre en Europe, à l’heure où la flambée de la monnaie virtuelle oblige de plus en plus d’acteurs du marché à se positionner.


Ce fonds non réglementé et enregistré en France « permettra aux investisseurs qualifiés et institutionnels souhaitant investir sur la cryptodevise de bénéficier des services et systèmes informatiques de haute qualité de Tobam pour suivre la valeur du bitcoin », précise le communiqué du groupe publié mardi.

Le « Tobam Bitcoin Fund » a pour vocation d’offrir « un véhicule d’investissement plus efficace et plus sûr » pour les investisseurs désirant augmenter leur exposition à la cryptomonnaie, ajoute-t-il.

Le fonds intègre notamment la gestion de possibles « forks » (une scission dans la communauté de producteurs et d’utilisateurs) ainsi qu’une prise en charge « plus rigoureuse du risque de perte ou de vol », assure Tobam.

Tout en concédant que le bitcoin est « exposé à des risques importants, y compris un très haut niveau de volatilité », Tobam estime qu’il « offre également des avantages en termes de diversification », qui est son fer de lance.

« Tobam vise à fabriquer le portefeuille le plus diversifié dans n’importe quelle classe d’actifs », explique à l’AFP Yves Choueifaty, fondateur et président du gestionnaire d’actifs.

Après le marché actions dans les pays développés puis émergents et le marché obligataire (dettes d’entreprises et dettes à haut rendement), « nous investissons dans une nouvelle classe d’actifs qui sont les cryptodevises » en commençant « avec la cryptodevise la plus liquide », soit le bitcoin, détaille M. Choueifaty.

– Un actif « extrêmement diversifiant » –

Le bitcoin est « un produit financier qui est extrêmement diversifiant car son comportement est peu corrélé à celui des autres actifs », justifie-t-il.

Il fonctionne par ailleurs, selon le fondateur de Tobam, comme « un étalon », c’est-à-dire qu’il « n’est pas manipulable puisque mathématiquement inviolable », ce qui n’est pas le cas des autres devises confiées aux banques centrales, souligne-t-il.

L’ambition du fonds est de faciliter l’accès au bitcoin, en particulier pour les clients institutionnels.

Passer par ce véhicule d’investissement offre avant tout un avantage opérationnel, selon M. Choueifaty, car ce type de placements ne présente pas de risque de crédit, contrairement par exemple aux plateformes intermédiaires permettant d’acheter des bitcoins.

A court terme (de 2 à 4 ans), le fondateur de Tobam souhaite que « le fonds représente un pourcentage solide des encours, de 10 à 20% ».

La flambée récente du bitcoin, dont le cours a triplé depuis juillet, et l’intérêt croissant des investisseurs ont obligé un certain nombre d’autorités de régulation et d’opérateurs boursiers à prendre position sur cette cryptomonnaie, controversée à la fois pour son caractère spéculatif et pour son utilisation dans des activités illégales.

Fin octobre, l’un des plus importants opérateurs boursiers au monde, CME Group, basé à Chicago, a annoncé qu’il allait proposer d’ici la fin de l’année aux investisseurs de spéculer sur des produits dérivés de la monnaie virtuelle.

L’Autorité européenne de supervision des marchés financiers (ESMA) a pour sa part alerté il y a dix jours sur les risques liés aux levées de fonds en cryptomonnaies (dites « Initial coin offerings » ou ICOs), en insistant sur l’instabilité de ce type de devises après que l’Autorité des marchés financiers (AMF) française a lancé fin octobre une consultation sur le sujet, ouverte jusqu’au 22 décembre.

Fondée en 2005, Tobam est une société de gestion d’actifs indépendante dont 73% du capital appartient aux salariés, 20% à Amundi et 7% au puissant fonds de pension américain Calpers.

Elle gère environ 10 milliards de dollars d’encours et s’adresse essentiellement à de gros clients institutionnels de long terme (banques centrales, fonds souverains, fonds de pension publics).

source: capital.fr

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