Le taux de chômage retrouve son niveau de début 2012

En juin 2017, le nombre de demandeurs d’emploi est en baisse de 0,3% sur un mois, à 3 483 200. Au second trimestre 2017, le taux de chômage recule de 0,1 point sur trois mois à 9,2%.


Le nombre de chômeurs de catégorie A, c’est-à-dire sans aucune activité, est en baisse sur le mois de juin (-0,3%), à 3 483 200 après une hausse de 0,6% en mai. Cela représente 10 900 inscrits de moins qu’en mai 2017. Le nombre est en baisse de 1% sur un an. Toutes catégories confondues, sur le mois de juin, le nombre d’inscrits s’élève à 6 281 200 en France métropolitaine. Le chiffre était de 6 277 300 au mois de mai. Il s’agit donc d’une hausse mensuelle de 0,1%. Sur un an, la hausse est de 1,8%.

En juin 2017, pour l’ensemble des catégories et dans la France entière, le nombre de chômeurs atteint 6 618 100 personnes contre 6 612 700 le mois précédent. Soit une hausse mensuelle de 0,1% sur un mois et de 1,7% sur un an. Il s’agit du premier mois complet sous la présidence d’Emmanuel Macron. Interrogée par France 2 le 25 juillet, Muriel Pénicaud, ministre du Travail a annoncé qu’elle ne commentera par les chiffres du chômage du mois de juin. En revanche, elle a indiqué qu’à partir de fin août, « tous les trimestres, nous ferons un commentaire très approfondi de plusieurs chiffres concernant la création d’emplois, le chômage et le marché du travail ».

Les chômeurs en France

Le nombre de chômeurs en France métropolitaine

Observons que sur un mois, le chômage baisse de 0,4% chez les hommes et des 0,2% chez les femmes. Dans le détail, sur le mois de juin, c’est chez les moins de 25 ans que la baisse du chômage est la plus forte (-0,8%). Chez les 25-49 ans, elle est en baisse de 0,3% tandis qu’elle est de -0,1% chez les 50 ans et plus.

Les chômeurs en France, selon la catégorie

La répartition des demandeurs d’emploi français par catégorie.

En juin 2017, sur les 5 catégories de chômeurs, trois catégories sont en hausse par rapport au moins précédent : les chômeurs de catégorie B (+0,6%), de catégorie C (+0,6% également) et les chômeurs de catégorie E (+1,3%). Les chômeurs de catégorie A sont pour leur part en légère baisse entre mai et juin (-0,3%). Les chômeurs de catégorie D, c’est à dire ceux qui ne sont pas tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi (en raison d’un stage en entreprise, d’une formation, d’une maladie professionnelle, etc.), y compris les demandeurs d’emploi en convention de reclassement personnalisé (CRP), en contrat de transition professionnelle (CTP), sans emploi et en contrat de sécurisation professionnelle sont en diminution de 1,2% sur le mois. Sur un an, la baisse des chômeurs de catégorie D est de 1,8%.

Le chômage en France, selon la durée

Les demandeurs d’emploi en France selon leur ancienneté.

Le nombre d’inscrits depuis moins de 3 mois passe de 1 208 800 personnes à 1 204 200 entre mai et juin 2017, soit une baisse mensuelle de 0,4%. En revanche, le nombre de chômeurs de longue durée (c’est-à-dire les personnes inscrites à Pôle emploi depuis 1 an ou plus), ne diminue pas. Entre mai et juin 2017, il passe de 2 441 500 à 2 443 900 soit une augmentation de 0,1%. Notons que les personnes en recherche d’emploi depuis un an ou plus constituent 44, 4% des demandeurs d’emploi (catégorie A,B et C) en juin 2017 contre 44,3% le mois précédent.

Les motifs du chômage en France

Les motifs d’inscription à Pôle emploi.

En France métropolitaine, en juin 2017, le principal motif de chômage (outre le motif autre cas) est la fin de CDD : 109 600, un chiffre en hausse par rapport à mai 2017 (107 200). Plusieurs motifs de chômage sont en hausse entre mai et juin 2017. Ainsi, sur un mois, le nombre d’entrées pour fin de mission d’intérim passe de 29 800 à 31 100 tandis que 700 personnes de plus s’inscrivent à Pôle emploi pour cause de démission (15 900 en juin contre 15 200 en mai). Autres motifs en hausse : les entrées pour autre licenciement (48 300 en juin contre 46 100 en mai) et première entrée (de 46 100 à 48 300 entre mai et juin). Toutefois, certains motifs de chômage sont en baisse. Le nombre d’entrée pour reprise d’activité est de 96 500 en juin contre 97 200 en mai. Enfin, remarquons 100 licenciements économiques de moins : 11 600 en juin contre 11 700 en mai. A noter que la catégorie « Autres cas » regroupe les motifs suivants : fin d’activité non salariée, rupture conventionnelle de CDI, retour en France et fin de détention, entre autres.

Le taux de chômage en France

Cliquez sur les intitulés de données pour les faire disparaître du graphique. Affichez la période voulue grâce à la barre horizontale.

Le taux de chômage en France métropolitaine depuis 1975.

Au second trimestre 2017, le taux de chômage en France connaît un recul de 0,1 point sur trois mois. Il s’élève désormais à 9,2% de la population active, soit 2,7 millions de personnes au chômage au sens du BIT. Sur un an, le taux de chômage est en baisse de 0,5 point. Outre-mer compris, sur le second trimestre 2017, le taux de chômage est de 9,5% contre 9,6% au premier trimestre 2017. Le taux de chômage en France retrouve ainsi son niveau de début 2012.

Les moins de 25 ans restent de loin les premiers touchés par le chômage (22,7%). Dans cette catégorie, le taux de chômage connaît même une hausse de 0,9 point puisqu’il était à 21,8% sur le trimestre précédent. C’est au quatrième trimestre 2012 que le taux de chômage des jeunes était le plus élevé puisqu’il touchait 25,4% de cette population.

Dans les autres catégories, le chômage est en diminution. Il se contracte ainsi de 0,3 point chez les moins de 25 ans (de 8,7% à 8,4%) et chez les plus de 50 ans (de 6,6% à 6,3%). Le taux de chômage des femmes s’élève à 9% au second trimestre 2017 contre 9,4% le mois précédent. Les hommes sont plus touchés par le chômage (9,2%), un chiffre stable par rapport au trimestre précédent.

Le nombre de chômeurs par département

En juin 2017, le Nord, les Bouches-du-Rhône et Paris sont les trois départements qui comptent le plus de demandeurs d’emploi de catégorie A.

Le nombre de chômeurs de catégorie A par département en mai 2017
Département Nombre de chômeurs Département Nombre de chômeurs
Ain 24 400 Indre-et-Loire 27 600
Aisne 35 400 Isère 56 500
Allier 16 600 Jura 9 500
Alpes-de-Haute-Provence 9 600 Landes 18 600
Alpes-Maritimes 63700 Loire 36 300
Ardèche 15 900 Loire-Atlantique 57 800
Ardennes 15 500 Loiret 33 700
Ariège 9 300 Loir-et-Cher 13 500
Aube 18 600 Lot 7 600
Aude 22 500 Lot-et-Garonne 15 300
Aveyron 9 700 Lozère 2 200
Bas-Rhin 54 000 Maine-et-Loire 36 300
Bouches-du-Rhône 129 300 Manche 18 200
Calvados 31 600 Marne 26 400
Cantal 4 100 Mayenne 9 900
Charente 16 000 Meurthe-et-Moselle 37 200
Charente-Maritime 29 000 Meuse 8 900
Cher 15 300 Morbihan 31 700
Corrèze 9 200 Moselle 56 000
Corse du sud 6 400 Nièvre 8 100
Côte-d’Armor 25 300 Nord 174 100
Côte-d’Or 23 000 Oise 41 800
Creuse 5 000 Orne 12 000
Deux-Sèvres 13 800 Paris 127 300
Dordogne 19 000 Pas-de-Calais 83 700
Doubs 25 000 Puy-de-Dôme 29 400
Drôme 27 100 Pyrénées-Atlantiques 28 400
Essonne 56 400 Pyrénées-Orientales 30 800
Eure 29 900 Rhône 92 400
Eure-et-Loir 21 000 Saone-et-Loire 23 100
Finistère 37 700 Sarthe 26 200
Gard 46 200 Savoie 20 500
Gers 7 000 Seine-et-Marne 63 600
Gironde 82 900 Seine-Maritime 70 500
Haute-Corse 7 300 Seine-Saint-Denis 116 300
Haute-Garonne 74 600 Somme 32 900
Haute-Loire 8 800 Tarn 19 600
Haute-Marne 7 700 Tarn-et-Garonne 14 700
Haute-Pyrénées 12 100 Territoire de Belfort 7 400
Hautes-Alpes 7 200 Val-de-Marne 72 800
Haute-Saône 10 600 Val-d’Oise 69 100
Haute-Savoie 35 200 Var 54 100
Haute-Vienne 16 400 Vaucluse 35 500
Haut-Rhin 39 200 Vendée 23 700
Hauts-de-Seine 76 700 Vienne 16 300
Hérault 76 500 Vosges 19 500
Ille-et-Villaine 41 000 Yonne 14 900
Indre 10 300 Yvelines 62 000

Sur le mois de juin 2017, un seul  département connaît une hausse du taux de chômage par rapport à mai 2017. Il s’agit de la Meuse (+1,13%). A titre indicatif, sur le mois de mai 2016, c’était en Savoie que le nombre de chômeurs de catégorie A avait le plus progressé (+19,25%). A l’inverse, la Corse du Sud enregistre la plus forte réduction du nombre de demandeurs d’emploi (-8,57%).

C’est dans le Nord que les chômeurs de catégorie A sont les plus nombreux : ils sont 174 100 en juin, un chiffre en baisse sur un mois (-1,69%). Deuxième département dans lequel le nombre de demandeurs d’emploi sans aucune activité est le plus élevé : les Bouches-du-Rhône, où le nombre d’inscrits diminue aussi par rapport au mois précédent (-1,22%) à 129 300 personnes. Paris complète le podium avec 127 300 inscrits dénombrés fin juin, soit une baisse de 1,1% sur un mois.

A l’opposé de l’échelle, les départements qui comptent le moins de chômeurs sont la Lozère ( 2 200), le Cantal ( 4 100) et la Creuse (5 000). Dans ces trois départements, le taux de chômage n’augmente pas. S’il reste stable en Lozère et dans la Creuse, il est en baisse de 4,64% dans le Cantal. A noter que les données départementales sont brutes. Les chiffres nationaux, cités plus haut, eux, sont corrigés des variations saisonnières et des jours ouvrables.

Le taux de chômage par département

 

Au premier trimestre 2017, les trois départements français qui affichent le plus fort taux de chômage sont les Pyrénées Orientales (14,8%), l’Hérault (13,4%) et l’Aisne (13,2%). Dans les trois départements, le taux de chômage est en recul par rapport au quatrième semestre 2016 puisqu’il était de 15,3% dans les Pyrénées Orientales, 13,9% dans l’Hérault et 13,2% dans l’Aisne. A l’inverse, les départements aux taux de chômage les plus bas sont le Cantal (5,9%), la Lozère (6%) et la Mayenne (6,3%). Ces trois territoires enregistrent des taux de chômage inférieurs à la moyenne nationale qui s’établit à 9,3% en France métropolitaine. A titre de comparaison, au 4e trimestre 2016, le taux de chômage s’élevait à 9,7%.

Le chômage sous les différents présidents de la République

Des derniers présidents à avoir dirigé la France, c’est sous Nicolas Sarkozy que les chiffres du chômage ont été les meilleurs. En janvier 2008, le taux de chômage en France métropolitaine est à son plus bas depuis janvier 1996, à 6,8%. C’est 2,9 points de moins qu’au quatrième trimestre 2016. Le plus faible nombre de chômeurs de catégorie A depuis 1996 a lui aussi été enregistré sous le prédécesseur de François Hollande, en février 2008, à 1 976 900 dans la métropole, soit 44% de moins qu’en mars 2017. Emmanuel Macron a connu une hausse du chômage en mai et un reflux en juin pour son premier mois passé à l’Elysée.

Bon à savoir

La notion de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi est donc différente de celle de chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT). Un chômeur au sens du BIT est une personne en âge de travailler (15 ans ou plus) qui n’a pas travaillé, ne serait-ce qu’une heure, au cours de la semaine de référence, qui est disponible pour une embauche dans les 15 jours et qui a cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en a trouvé un qui commence dans les trois mois. De la classification des demandeurs d’emploi dépend également tout un système d’aide, de droits, d’allocations et même de formation.

Le taux de chômage présenté dans le second graphique est un bon indicateur de la santé économique d’un pays. De manière générale, le taux de chômage correspond à la part de la population active qui est au chômage. Sont répertoriées dans la population active les personnes qui occupent effectivement un emploi, y compris celles qui travaillent à temps partiel, et celles qui sont en recherche active d’emploi. Il ne suffit donc pas d’être en âge de travailler pour être comptabilisé dans la population active. La définition du taux de chômage peut varier d’un pays à l’autre, en fonction des critères retenus par les instituts nationaux de statistique.

Ce taux de chômage est calculé par l’Insee selon les normes du Bureau international du travail (BIT) selon lesquelles un chômeur est une personne de plus de 15 ans qui remplit trois critères. D’abord, elle n’a pas travaillé du tout au cours de la semaine de référence. Ensuite, elle est disponible pour travailler dans les deux semaines. Enfin, elle a recherché activement un travail dans les trois dernier mois ou en commence un dans moins de trois mois.

Source : JDN

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